Courir en équipe pour se dépasser soi-même

by Cyrille on 13/06/2012

Au 11e kilomètre du marathon d’Ottawa, j’ai rencontré pour la première fois Pierre, un abonné de ce blog.

Il m’a entendu parler, il a peut-être vu mon prénom sur mon dossard, il s’est approché de moi et il a dit : “ Es-tu Cyrille de Sutton ?”. Je n’en croyais pas mes oreilles ! Au bonheur de courir ce marathon dans des conditions idéales, s’ajoutait le bonheur de rencontrer un lecteur d’AimerCourir. J’étais aux anges!!

Et on s’est mis à parler… de course à pied ! Quoi d’autre ?! ;) Chemin faisant on a peu à peu dépassé le groupe de coureurs qui était là et on a taillé notre route à notre propre allure. Honnêtement, je ne peux rien dire sur le parcours entre le 11e et le 15e kilomètre. On parlait, l’esprit était ailleurs et nous allions à une bonne allure.

C’est incroyable comme la présence d’un ami peut vous faire oublier la course. Les jambes courent, la machine fonctionne, elle fait ce pour quoi on l’a entraînée pendant de longues semaines, l’esprit vagabonde, on a du plaisir, bref :  tout va bien.

Vers le 16e kilomètre, nous avons passé un groupe de trois coureurs du club la Foulée de Québec. Je les ai observés se relayer, belle technique, belle stratégie : le premier donne l’allure, annonce les virages, préviens des accidents sur le sol. Les autres ne regardent que le maillot de celui qui est devant eux, ils sont concentrés. On dirait presque qu’ils récupèrent !

Au bout d’un moment le dernier passe devant, tout le monde se replace et ça recommence. Le nouveau premier donne l’allure, les autres suivent. C’est beau à voir, j’imagine que ça paie : on garde le rythme quoi qu’il arrive, on a des périodes de relâche, mais on ne décroche pas.

Pierre et moi nous nous sommes perdus je ne sais plus quand exactement, il arrive un moment dans le marathon où on parle moins, puis plus du tout, on entre dans sa bulle, on focus sur soi même, sur son corps, on visualise la ligne d’arrivée (ça aide !!).

Au 36e kilomètre j’avais mal aux jambes, une crampe menaçait, j’étais quasi arrêté quand le fameux Pierre me dépasse : “Hey! Cyrille !!”. S’il n’avait pas été là, j’aurais perdu de précieuses secondes, des minutes peut-être. Quand on court en équipe (plus ou moins organisée l’équipe ici !!) on se relance, on gagne du temps, on n’en perd pas.

J’ai pu remonter à son niveau, “Pierre, ça va pas bien, j’ai une crampe qui pointe, c’est dur, je me colle derrière toi, ça va ?” Pour toute réponse Pierre a levé son pouce gauche et on a cheminé comme ça un petit bout.

C’est fou l’effet d’entraînement que peut donner la position du suiveur. Je ne voyais que son dos, le jaune de son t-shirt, je ne faisais plus attention à rien d’autre que de rester dans sa foulée, concentré. C’est vraiment une façon de garder la cadence en se “reposant”. La tâche est plus dure pour le premier, c’est certain.

Pour finir l’histoire, à 4 km de l’arrivée, j’ai retrouvé mes jambes, plus aucune douleur, une sorte de e souffle! Je suis repassé devant, en espérant que Pierre suive. Je crois que ça l’a aidé à son tour. On a fini à quelques secondes de différence et chacun a explosé son propre record !

Sans toi, Pierre, le 3h07 se transformait en 3h10 ou 3h11, c’est sûr! Merci !!! :)

J’ai donc fait cette expérience de courir “en équipe”. Je suis sûr que c’est payant, sûr qu’une discipline de groupe aide à maintenir le rythme et à améliorer son temps.

Et si c’est bon pour améliorer son temps, c’est bon pour le côté compétitif qui sommeille en chacun de nous ! ;)

Donc dimanche prochain, pour le 20 km du Tour du Lac Brome je me suis trouvé deux partenaires pour tenter l’expérience. Un beau trio pour battre nos trois records personnels !! Ça va chauffer autour du lac! Watch out ! :)

J’en redonnerai des nouvelles ici… si ça marche.
Enfin si ça court, on se comprend ! ;)

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  • Salah CHTIOUI

    Ayay… c’est beau lire ce beau témoignage …  ça donne juste envie de continuer à travailler fort pour s’améliorer … 

    Hâte de me soigner et revenir … 

    • On a aussi hâte de te revoir sur une ligne de départ !! Prompt rétablissement Salah :)

  • J’aime lire les histoires de courses. Toujours inspirant. Merci Cyrille.

    Tu ne trouves pas que la course c’est comme la vie finalement ? Dans cette course de fond qu’est la vie, on a des hauts et des bas et si on est un  minimum attentif à ce qui nous entoure, on rencontre des gens qui nous aident et nous motivent, qui nous donnent la petite tape au dos pour nous encourager à continuer, à ne pas lâcher. Parfois c’est nous qui encourageons, qui poussons à notre tour et peut-être qu’on le fait sans même le savoir…bon je suis sérieuse aujourd’hui ! :)

    • La vie comme une course de fond, la course à pied comme la vie… oui, sûrement. Et pour rester dans le sérieux, depuis 4 ans que je cours, je me rends compte de plus en plus que finalement ce n’est pas un hobby ou même un loisir… La course à pied pour moi c’est un mode de vie, rien de moins ! :)

  • Cyndie

    Beau texte Cyrille, et c’est vrai que les autres nous motive. J’ai vécu une expérience similaire. C’est fou les belles rencontres que l’on fait avec la course à pied. C’est un sport avec plein de belles énergies positives.

    • Que des belles rencontres avec la course à pied !! Oh yes! On est tous tellement allumé(e)s par cette énergie positive dont tu parles que ça ne peut que générer de belles choses.
      Tiens, c’est drôle.  J’ai envie d’aller courir tout à coup !! ;)

  • Francois

    Je m’entraîne avec un groupe le dimanche et je vis ça a chaque semaine. C’est fantastique! 

  • C’est très vrai  ce que tu écris Cyrille. Ça m’est arrivé à quelques occasions de courir avec quelqu’un d’autre durant une course et ça donne tout un boost. C’est le genre de truc que j’aimerais essayer à 3-4.

    • Je t’en redonnerai des nouvelles après notre essai de dimanche prochain ! J’espère que ça va nous « porter » jusqu’à la ligne d’arrivée ! :) By the way, si tu es au Lac Brome dimanche, tu peux te joindre à nous ! On vise un pace autour de 4’15 »… Ce serait une bonne occasion de se rencontrer :)

  • Hé ben… touchant témoignage de notre entraide improvisée, cher Cyrille!  Ce fut un bonheur pour moi de faire connaissance avec le super blogueur des coureurs, qui plus est dans le feu de l’action de ce marathon.  Tu m’as réciproquement beaucoup aidé par ta chouette compagnie, et dans les bons bouts où tu me devançais et je te voyais devant moi, après les deux segments où nous avions couru ensemble.  Très plaisant de célébrer nos nouveaux records personnels dans les minutes suivant l’arrivée.  Au plaisir de se revoir ce dimanche au Lac Brome, ou je ferai partie de la grande équipe des rouges, les Étudiants dans la Course, pour le 20km!

    • J’espérais que tu pointes le bout du nez ! Merci pour le commentaire. On la porte longtemps en nous la victoire sur soi-même, hein ?! Moi je suis toujours sur ce beau nuage de 3h07, je rayonne! Les courses de ce week-end seront comme une piqûre de rappel… un rappel qu’on est bon ! Hahaha! :) Au plaisir de te revoir avec tes étudiants!

  • Mlbriand

    C’est vrai Cyrille.
    À Ottawa, j’étais avec mes deux copains de course.  On jasait et jasait sans s’apercevoir que nous allions trop vite!
    Nous avons ralenti au 28ième km. Au 33ième, j’ai dit à mes copains que je ralentirait un peu. Un peu plus loin, je me suis mis à marcher.  Soudainement un troisième ami et me dépasse et me dit de ne pas abandonner. 
    Je le suit mais il est trop rapide pour moi.  Plus loin, je le rattrape, il est fatigué.
    Je l’encourage, on se tient ensemble et près de l’arrivé, il fait un sprint et me dépasse.
    Ce Marathon pour moi fût une très belle expérience humaine. 

    • Génial, j’aime lire des choses comme ça.
      Et c’est comme ça qu’on bat des records. Bravo !

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