Les émotions à fleur de peau

by Cyrille on 01/10/2012

Isabelle, une amie coureuse m’a dit que pendant son demi-marathon à Montréal, vers le 15e kilomètre, quelqu’un qui l’a dépassait lui a posé une main sur l’épaule. Juste comme ça, un geste de coureur, comme pour l’encourager ou pour lui dire qu’il allait la dépasser, elle ne sait pas. Mais elle a ressenti ce contact dans tout son corps. Ça lui a fait un bien fou !

Avez-vous remarqué comme les émotions sont à fleur de peau quand on court ?

D’autres m’ont raconté les frissons ressentis en courant devant les groupes de musique qui jouaient tout au long du parcours à Montréal. La chair de poule vous prend, les larmes arrivent vite parfois ! :)

Il semble que courir nous aide à faire remonter les émotions et en même temps nous rend hyperréceptifs. Tout paraît plus grand, plus beau, plus fort, plus joyeux :) Ou peut-être que grâce à la course à pied on voit les choses comme elles sont vraiment … Comment savoir ? ;)

Je me souviens aussi avoir croisé un chien solitaire, sur un chemin isolé, quelques jours avant mon premier marathon de Boston en 2011.
Je venais de courir 8km, j’étais bien, heureux, fort, solide, … c’était un petit run de visualisation : à chaque foulée je me voyais passer la ligne d’arrivée à Boston !
Mais ce chien qui grognait et montrait les dents est arrivé là, exactement entre moi et la ligne d’arrivée.

« Toi, tu ne m’empêcheras pas d’aller à Boston. No way, ça n’arrivera pas ! »

La pauvre bête n’a pas dû comprendre ce qui lui arrivait. Je me suis mis à courir vers elle en levant les bras et en criant de toute la force de mes quatre mois d’entraînement.
J’avoue que je me suis surpris moi même ce jour-là. Non seulement je ne pensais pas pouvoir hurler comme ça, mais je savais aussi que j’étais prêt à me battre, à le mordre même, s’il avait fallu ! … Le chien a pris peur, c’est un loup qu’il a croisé ce jour-là ! :)

C’est fou ces montées d’émotions ! Le plaisir, le bien-être, l’euphorie, l’optimisme, bien sûr, mais aussi la détermination, la bravoure, le courage et parfois la rage !
C’est sans doute ce qui nous rend accros !

Dans Runners.fr, Pascal Silvestre, avec toute son expérience, a écrit un bon papier sur ces émotions… et la sagesse qu’on devrait tous arriver à atteindre un jour. ;)

« Le running est-il un accélérateur d’émotions ? Évidemment. Nous savons tous le plaisir pris dans l’effort (après quelques minutes d’échauffement parfois laborieux) et cette petite extase (malheureusement trop brève) qui suit les belles séances d’entraînement ou les compétitions réussies. Courir permet, d’une certaine manière, d’élargir notre cadre sensoriel, d’installer un rapport sans cesse plus détendu au monde. »
L’article au complet

Bon début de semaine à tous !!

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  • Josée

    Cyrille c’est toujours un plaisir de te lire! Bravo!

    • Merci Josée!… et un plaisir de recevoir tes commentaires. Woohoo !!! ;)

  • Salah CHTIOUI

    Je confirme mon cher que la petite tape sur l’épaule, elle fait du bien … 

     Ottawa (blessure à la hanche au 16′ km) … au 18′ km … un monsieur passe à côté de moi, je courais tout en boitant… 

    il m’a dit : don’t give up! 

    Une simple phrase qui peut faire du bien, et qui peut changer les choses. 

    C’était un plaisir te croiser à Granby. 

    • C’est vrai que les courses regorgent de ces belles histoires d’entraide. On aide et on se fait aider. Dans un cas comme dans l’autre, ça fait plaisir à tout le monde. C’est pas beau ça ?! Ça ressemble à une métaphore de la vie en tout cas…

  • Tellement d’accord!! Et comme on ressent « tout  » plus fort, on se sent EN VIE  plus fort!! :o)

    • C’est exactement ça Claire ! La vie c’est le mouvement non ? Alors quand on court : on est en vie !! CQFD ! ;)

  • Martine

    La course est un rendez-vous intense avec soi-même, avec tout ce que nous sommes en qualités, défauts, énergie, limités, etc. Gonflé à bloc le jour de la course, toutes ces émotions convergent dans l’intensité de l’instant présent, cet ultime moment anticipé avec tant de joie. Et nous voila bien installe sur le « x » du calendrier. C’est puissant comme position!
    J’ai déjà offert cette main sur l’épaule en signe de compassion pour cette autre personne qui aurait pu très bien être moi. Je suis heureuse de savoir que ce geste est apprécié; D’un côté comme de l’autre ça fait un bien incroyable. ;)

    • Merci Martine : « l’intensité de l’instant présent », tu mets le doigt dessus, je crois. Quand toutes nos petites cellules se tournent dans la même direction, pour le même but, on vibre de ce sentiment d’accomplissement ! Oh yes! Plus rien ne compte que ce qu’on est en train de vivre… on est tout ouïe à la vie, ouvert pour recevoir, ouvert à nos émotions. J’ADORE ça !!!

  • Mimi

    J’ai aussi l’impression que courir me rend plus forte partout, dans toutes les sphères de ma vie. Je pensais que j’étais incapable de courir (quand je ne courais pas), je ne pensais jamais pouvoir courir ne serait-ce qu’un kilomètre, encore moins 10, encore moins dans des compétitions. Maintenant, je le fais. Rien ne peut m’arrêter dans rien… « la détermination, la bravoure, le courage et parfois la rage !  » Haahooo, vive les loups ! :)

    • J’ai le même sentiment que toi depuis que j’ai commencé à courir. La discipline que ça implique, les efforts que ça prend, le plaisir que ça donne, le sentiment d’accomplissement que ça procure à l’entrainement, en course ou simplement en sortie relax, tout ça rejaillit partout dans la vie et sans doute aussi dans les relations qu’on tisse avec les autres. Sans parler de son propre corps avec lequel la course permet de connecter (ou reconnecter)… Wow, on aime ça courir hein ?! :) J’irais bien courir à la lune là là tout de suite… Haahooooo !!!

  • Michel327

    Juste à te lire, j’en ai des frissons!!  Ça veut tout dire. C’est tellement vrai!

  • Michèle

    Merci, Cyrille et merci à vous tous j’ai eu un été difficile, je courais moins, la course me manque et pourtant , alors avec ces commentaires qui rappelle tant de plaisirs …. m’aide à continuer je sens le renouveau.

    • Bon courage Michèle. J’espère que tout va bien quand même et que le renouveau dont tu parles ne tardera pas trop! La course aidera, c’est sûr. On pourra partager quelques km ensemble cet automne si ça te tente…

  • Helene

    c’est vrai, je pleure à la fin de toutes mes courses officielle sur route… c’est débiiiile !!! mais je me donne tellement à fond dans ma tete, que toute la pression du quotidien se relache à ce moment là. je ne suis pas triste, je suis juste vidée de tout.
    après les trails, par contre, les sens sont tellement toujours en éveil, il faut faire attention à tout tout le temps, le cerveau est une vraie machine autant que le corps dans ces courses, et à la fin je suis euphorique… c’est drole cette différence… je ne le fais pas exprès, mais c’est peut etre aussi pour ça que je m’oriente vers le trail :p

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